Paraboot
Le luxe tranquille du savoir-faire français
À Saint-Jean-de-Moirans, entre Grenoble et les contreforts du Vercors, les machines tournent encore. Le cuir épais, le bruit des aiguilles, la lenteur des gestes : ici, rien n’a vraiment changé depuis plus d’un siècle. C’est là, dans cet atelier isérois, que Paraboot fabrique toujours — en grande majorité — ses chaussures. Un fait presque anachronique à l’heure du fast fashion mondialisé. Pas d’effets d’annonce ni de storytelling prémâché : la maison fondée par Rémy Richard en 1908 a préféré le travail silencieux à la promesse tonitruante.
Cette fidélité au geste, cette patience du détail, c’est tout l’art discret du made in France. Paraboot ne revendique pas un patrimoine pour le plaisir de l’étiquette ; elle le perpétue. Chaque paire est cousue, montée, polie dans un esprit d’exigence presque monacal : le cuir se choisit pleine fleur, la semelle se visse en gomme naturelle, et chaque couture norvégienne semble raconter une histoire de montagne, de pluie et de routes pavées.
Un ancrage devenu culte
C’est dans cette culture du concret que naît, en 1945, un modèle promis à la légende : la Michael. Son nom, clin d’œil au fils du fondateur, résume à lui seul l’idée d’héritage. À l’origine, c’est une chaussure de travail — solide, rustique, conçue pour durer. Mais le temps lui offrira un autre destin : celui d’un classique transgénérationnel, capable de relier les mondes.
Des alpages savoyards aux rues de Tokyo, la Michael traverse les époques sans une ride. Son allure trapue, sa semelle épaisse et son laçage franc en ont fait une icône pour les amateurs de style authentique : architectes, stylistes, collectionneurs ou simples esthètes. On la voit aujourd’hui portée aussi bien par des étudiants japonais en school uniform revisité que par des Parisiens rive droite, adeptes du luxe sans effort.
La mode l’a tour à tour revisitée, détournée, célébrée : Aimé Leon Dore en a fait un symbole de raffinement new-yorkais, Beams et Nanamica l’ont adoptée comme un manifeste d’élégance fonctionnelle, tandis que Margaret Howell ou Orslow la font dialoguer avec le vestiaire du quotidien. La Michael est partout, mais ne ressemble jamais à personne. C’est une pièce caméléon, capable d’habiter des univers très différents sans trahir son identité.
Le Japon, temple de la fidélité
Si Paraboot est aujourd’hui considérée comme une marque patrimoniale française, son aura dépasse largement les frontières hexagonales. Le Japon, surtout, lui voue un véritable culte.
Là-bas, les boutiques spécialisées traitent la Michael ou la Chambord comme des objets d’étude. Le goût japonais pour la perfection artisanale, la durabilité et la patine naturelle trouve chez Paraboot un écho rare. Dans les magazines Clutch, Lightning ou Popeye, la marque apparaît régulièrement dans les rubriques “heritage” aux côtés de Red Wing, Alden ou Barbour — mais avec cette singularité européenne, sobre et fonctionnelle, que les Japonais traduisent en un mot : shibui, le raffinement discret.
Chez Beams+, United Arrows ou Journal Standard, la Paraboot se porte avec des chinos courts, des vestes Harrington ou des chemises Oxford impeccables. Elle incarne l’équilibre parfait entre tradition et modernité : un objet façonné à la main, mais adapté à la ville d’aujourd’hui. Dans la culture visuelle japonaise, Paraboot est à la chaussure ce que Leica est à la photographie : un instrument de précision, conçu pour durer et pour être transmis.
L’élégance du vrai
Porter une Paraboot, c’est faire un choix : celui du confort et de la constance, de la trace plutôt que de la trace effacée. À contre-courant d’une époque qui remplace plus qu’elle ne répare, la marque a su imposer un autre tempo. Un tempo français, mesuré, précis — fait de gestes répétés, de cuir nourri, de semelles ressemelées.
C’est peut-être cela, finalement, la modernité selon Paraboot : ne pas chercher à être moderne. Fabriquer encore en France, à Saint-Jean-de-Moirans, non par posture mais par conviction. Laisser parler la matière, la patine, la mémoire du geste. Et offrir, à travers une paire de chaussures, une certaine idée du style : enracinée, durable, sincère.
Everyday. Everything. Curated.
Parce qu’il existe des marques qui ne suivent pas le temps — elles le façonnent, à leur rythme. Paraboot en fait partie.
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